A l’occasion du renouvellement
du mobilier de l’église en 2016, le conseil municipal a récupéré les chaises
anciennes. Certaines ont été reprises par leur propriétaire, d’autres seront
conservées dans l’église.

Les documents
sont rares. Cependant, dans le budget du Conseil de Fabrique en 1841, dans le
chapitre recettes est indiqué « le produit des concessions des bancs et
tribunes » pour une somme de 40 francs alors que le produit des quêtes est
estimé à 8 francs. Par comparaison un sac de blé valait 28 francs et une paire
de chaussures d’homme 7 francs. Il y avait donc des bancs et la tribune, qui
existe encore, loués aux paroissiens.
A quelle époque
les chaises se sont-elles généralisées ? On peut penser que cela s’est
produit vers 1870-1900. C’est une période faste pour l’église catholique ;
à Savignac les deux chapelles et le presbytère ont été construits.
Il y avait 2
sortes de chaises. Des chaises basses paillées, prie-Dieu simples, propriété de
l’église, louées à chaque office pour quelques sous et des prie-Dieu propriété
des paroissiens et réservés aux femmes. Les hommes ne se mettant pas à
genou !!
Les prie-Dieu en bois
blanc ou en bois fruitier ouvragé avaient une assise à 2 niveaux. La première
assise paillée (cette assise paille blanche ou dorée) permettait de s’asseoir
après avoir tourné la chaise, celle-ci se relevait pour s’agenouiller et
pouvait être capitonnée.

A quel moment
les filles avaient-elles droit à un prie-Dieu ?
Sur chaque
prie-Dieu, en plus de la croix sculptée dans le bois du dosseret il y a sur
l’accoudoir soit une plaque avec le nom de la propriétaire soit des initiales
tracées avec des clous dorés. Certaines correspondent au nom de jeune fille par
exemple E.S (Elodie Serre épouse Delbouscas) mariée en 1904, Faut-il en déduire
qu’elle avait sa chaise avant son mariage ? Sur la chaise de Berthe
Delanis (née Amblard), mariée en 1921, il y a le nom du mari. Une fille venant
d’une autre paroisse et venant habiter à Savignac portait sa chaise dans sa
nouvelle paroisse.

On peut donc
supposer que ces prie-Dieu ont été achetés jusque dans les années 1930.
Les hommes
occupaient la partie gauche de la nef ou la tribune.
Enfin, il faut
noter la présence presque au fond de la nef de 2 bancs légèrement surélevés qui
occupaient la place de 5 ou 6 chaises. Chaque banc était constitué d’un dossier
avec une partie pour s’asseoir et d’un agenouilloir. Ces bancs appartenaient à
2 familles aisées de Savignac.
Cette
hiérarchie villageoise va donc disparaitre en 2016 avec les bancs et les
chaises achetés par la mairie.